dimanche 13 octobre 2019

La chaleur de Victor Jestin


La chaleur de Victor Jestin, éditions Flammarion, août 2019, 139 pages, 15€.


Synopsis :
 
« Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire. »
Ainsi commence ce court et intense roman qui nous raconte la dernière journée que passe Léonard, 17 ans, dans un camping des Landes écrasé de soleil. Cet acte irréparable, il ne se l’explique pas lui-même. Rester immobile, est-ce pareil que tuer ? Dans la panique, il enterre le corps sur la plage. Et c’est le lendemain, alors qu’il s’attend chaque instant à être découvert, qu’il rencontre une fille.
Ce roman est l’histoire d’un adolescent étranger au monde qui l’entoure, un adolescent qui ne sait pas jouer le jeu, celui de la séduction, de la fête, des vacances, et qui s’oppose, passivement, mais de toutes ses forces, à cette injonction au bonheur que déversent les haut-parleurs du camping.



= La conscience d’un adolescent. =

Léonard, dix-sept ans vient passer ses vacances dans les Landes avec sa famille dans un camping, tandis que ses amis font la fête et profitent des activités, de la plage et du soleil, lui semble être un loup  solitaire. Un soir, il est témoin d’une scène horrible.

‘‘Oscar est mort parce que je l’ai regardé mourir, sans bouger. Il est mort étranglé par les cordes d’une balançoire, comme les enfants dans les faits divers. Oscar n’était pas un enfant. On ne meurt pas comme cela sans faire exprès, à dix-sept ans. On se serre le cou pour éprouver quelque chose. Peut-être cherchait-il une nouvelle façon de jouir. Après tout nous étions tous ici pour jouir. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas bougé. Tout en a découlé.’’

Dès le premier paragraphe, l’auteur attire son lecteur. J’ai l’ai trouvé très intriguant.
Me demandant comment un humain pouvait avoir cette réaction et surtout ce que la suite me réservait. Et ce qu’il fera par la suite vous étonnera aussi.

Malheureusement au fur et à mesure de la lecture la tension retombe, comme une sensation que les choses se répètent.
Léonard devient obsédé par ce qu’il a fait et le lecteur suit ce qui se passe dans sa tête. Ce roman est pour moi plus une répétition, une observation vue de l’intérieur de ce qui se passe dans la tête de Léonard. Mais les choses ne sont pas assez profondes, je dirais qu’il manque de la profondeur, des détails psychologiques que j’aurai aimé trouver dans ce roman.

Ce premier roman reste pour moi un roman mi-figue, mi-raisin.
Une entrée et une fin surprenantes, mais un contenu peu approfondi !
Cependant, l’écriture est fluide et le roman facile à lire.


Ma note : 12/20                                         Un avis By Maria Lebreton.


Quelques mots sur l’auteur :

Victor Jestin de nationalité française est né à Nantes en 1994, il est diplômé du Conservatoire européen d'écriture audiovisuelle (Ceea) depuis 2017.

Il a passé son enfance à Nantes et vit aujourd’hui à Paris. "La chaleur" (2019) est son premier roman.

samedi 10 août 2019

Sadie, de Courtney Summers


Sadie, de Courtney Summers, éditions La Martinière, mars 2019, 332 pages, 16.90€


4éme de couverture :

Sadie, 19 ans, s'est volatilisée. Pour West McCray, journaliste à New York, il s'agit d'une banale disparition. Mais quand il découvre que sa petite soeur, Mattie, a été tuée un an auparavant et que sa mère a elle aussi disparu, sa curiosité est éveillée. West se lance alors à la recherche de Sadie et les témoignages qu'il recueille vont alimenter sa série de podcasts...

Sadie, elle, n'a jamais pensé que son histoire deviendrait le sujet d'une chronique à succès. Elle ne désire qu'une chose : trouver l'homme qui a tué sa soeur.

Qui est réellement cet homme ? Comment est-il entré dans la vie de Mattie ? Tandis que Sadie remonte la piste du tueur, West remonte celle de Sadie. Et se dessine, progressivement, la figure d'un homme – d'un monstre ! – qui pourrait bien frapper à nouveau...

West retrouvera-t-il Sadie à temps ?


Mon avis :

=A la poursuite du tueur de sa sœur. =

‘‘Mattie a laissé pour pleurer sa sœur de dix-neuf ans, Sadie, une grand-mère de substitution, May Beth, et sa mère, Claire. Mais Claire n’était plus là depuis un certain temps lorsque c’était arrivé.’’

C’est à travers une course-poursuite que le lecteur va suivre Sadi à la recherche du meurtrier de sa petite sœur de 13 ans. Seule, juste avec quelques affaires, elle part. Les personnes de son entourage pensent à une fugue, mais il n’est rien.
Une jeune fille qui a eu une enfance difficile, un léger handicap, une mère droguée qui les a abandonnées elle est devenue une mère de substitution pour sa demi-sœur Mattie retrouvée assainie.

Une jeune femme de dix-neuf ans prête à tous, déterminé, intelligente qui va partir à la traque de cette personne qu’elle est persuadée être le meurtrier de celle qui a été pour elle son seul réconfort dans sa jeunesse chaotique. Mais le problème est qu’elle ne sait pas à qui elle s’attaque ! Sera-t-elle assez forte pour endurer tout ce qui l’attend ?

Un roman qui ne laisse pas de répit à son lecteur de rebondissement en rebondissement.
Des personnages forts et attendrissants tels que Sadi, d’autre que l’on souhaiterait étranglé.

Parallèlement, le journaliste West Mc Cray de New York va se passionner pour cette histoire qui au début ne l’intéressait pas. Il va créer une série de podcasts, va aller vers les personnages de l’entourage pour obtenir des témoignages alimentant non seulement sa série de podcasts, mais aussi à la recherche de Sadi.

L’autrice va alterner les podcasts avec la recherche de Sadi, ce qui aura pour effet de dérouler lentement le passé des personnages principaux et de connaître leur passé et comprendre les raisons pour lesquelles, elles en sont venues à avoir un caractère tel qu’elles l’ont.

Chers lecteurs, ce roman est bien un thriller, mais ne vous attendez pas à des scènes de crime gore.  L’autrice va utiliser une plume délicate, fluide et tout en finesse. Car au-delà de cette traque vous allez découvrir non seulement la nature humaine qui comme vous savez peut être horrible, vous découvrir une jeune fille déterminée, abîmée par la vie, mais prête à tous.

Un magnifique Thriller classé dans les romans de Yong Adulte qui vous exporte dans une histoire dont vous ne pourrez plus lâcher le fil une fois commencé.

Personnellement, moi qui aime dans les thrillers spécialement le gore, ce thriller m’a complètement absorbé sans être gore.

Je ne peux que vous le conseiller, un gros coup de cœur pour moi.


Ma note 21/20               Un avis By Mes aventures livresques.


Quelques mots sur l’autrice :

Courtney Summers née à belleville en 1986  de nationalité Canadienne est l'auteur à succès de plusieurs romans acclamés par la critique.

À 14 ans, elle a abandonné ses études secondaires pour poursuivre ses études. Indépendamment.
À 18 ans, elle écrit son premier roman.
Son premier livre "Cracked Up to Be", a été publié en 2008 alors qu'elle avait 22 ans et a remporté le prix CYBIL 2009 de YA fiction.
À ce jour, elle a écrit six livres et est surtout connue pour ses protagonistes féminines.

Son nouveau roman "Sadie" est un best-seller du New York Times, lauréat d'un Odyssey Award, d'un Audie Award, nominé pour l'Edgar Award, il a reçu six critiques et a été finaliste pour le meilleur prix 2018 du Goodreads Choice Awards YA Fiction avec plus de 21 000 votes.

Courtney a écrit pour le New York Times, est la fondatrice de #ToTheGirls, un hashtag mondial en vogue en 2015, et en 2016, elle a été nommée parmi l'une des 60 de moins de 30 ans du magazine Flare.






dimanche 28 juillet 2019

Ce qu’elles disent, de Miriam Toews


Ce qu’elles disent, de Miriam Toews, éditions Buchet Chastel, août 2019, 225 pages, 19€.



Résumé :
 
Entre 2005 et 2009, dans une communauté mennonite isolée de la Bolivie, appelée la colonie du Manitoba, du nom de la province du Canada, de nombreuses filles et femmes, le matin venu, éprouvaient de la difficulté à émerger du sommeil. On les avait agressées durant la nuit, et leur corps meurtri saignait. Il s’est avéré que huit hommes de la colonie s’étaient servis d’un anesthésiant vétérinaire pour plonger leurs victimes dans l’inconscience et les violer. Ce qu’elles disent est à la fois une réaction à ces faits vécus, exprimée par le truchement de la fiction, et un acte d’imagination féminine.

Dès le petit matin, huit femmes – des grand-mères, des mères et des filles appartenant à la même communauté – gravissent l’échelle qui mène au grenier de la grange. Leurs voix s’élèvent, d’abord hésitantes, puis avec force. Elles se consolent, se taquinent, se font des remontrances, racontent ou discutent tout simplement les unes avec les autres. Peu à peu, nous arrivons à comprendre pourquoi elles se sont rassemblées là. Elles ont quarante-huit heures devant elles pour arriver à une décision qui changera à tout jamais leur vie et celle de leurs enfants. Et c’est à un homme, l’instituteur August Epp, que revient la tâche de consigner les conversations de ces femmes analphabètes.

Mon avis :

= Partir ou rester ? =

Ce roman est basé sur un fait réel qui a été romancé par l’autrice pour le besoin de son roman.

Huit femmes victimes de viols se réunissent assistées de l’instituteur August Epp, qui doit consigner les dires de ces femmes analphabètes. Elles doivent décider de leur sort. Quitter la communauté à laquelle elles ont toujours appartenu ou bien rester.
Pour moi, cette communauté est une véritable découverte, je ne connaissais pas la colonie mennonite de Manitoba.

Bien évidemment, je connaissais des colonies qui vivent en complète autonomie sans contact avec le monde extérieur, mais celle-ci, non.
Une communauté  patriarcale dans laquelle les hommes décident, mais aussi dans laquelle les femmes travaillent comme des bêtes élèvent les enfants et sont sous le joug des hommes.
Elles qui pensaient vivre en paix et en harmonie, vont découvrir suite à leur viol et aux discussions secrètes qu’elles vont tenir après que cette vie n’est peut-être pas celle qu’elles pensaient !

‘‘Ona parle. Comme les anciens et l’évêque de Molotschna ont décidé que nous n’avions pas besoin de soutien psychologique à la suite des agressions, puisque nous étions inconscientes au moment où elles se sont produits, sommes-nous obligées ou même capables de pardonner ? De pardonner une chose qui n’est pas arrivée ? Une chose que nous ne pouvons pas comprendre ? Qu’est-ce que ça veut dire, en gros ? Que  « le monde », si nous ne le connaissons pas, ne peut pas nous comprendre ? Sommes-nous libres parce que nous ignorons que nous sommes en prison ?’’.

Le lecteur va découvrir ces huit femmes tour à tour toutes différentes.
Un huis clos qui nous fait toucher quelques vérités essentielles sur l’amour, le couple, les rapports de force qui y règnent et sur la seule manière d’y échapper : la solidarité.

Je dois avouer qu’au début j’ai eu beaucoup de mal avec ce récit.
D’une part, car dès le début, il y a trop de prénoms d’un seul coup et que je me suis perdu.
D’autre part le style de l’autrice assez particulier, car ici, le lecteur assiste à des réunions lors desquels chaque femme dit ce qu’elles pensent, elle pèse le pour et le contre de ce départ et c’est comme si je lisais un récit un peu décousu de sens.

Mais au fur et à mesure de ma lecture dans laquelle j’ai dû me concentrer pour ne pas perdre le fil je me suis habitué au prénom de chacune et découvert des femmes parfois drôles puis sages. Des femmes meurtries qui oscillent perpétuellement entre la colère et la compassion.
J’ai aussi découvert les us et coutumes de la communauté.

Un sujet très sensible tout en étant intéressant, mais qui pour me ne me fait pas oublier cet arrière-goût de difficulté à la lecture du début du récit, ce qui est dommage !


Ma note : 14/20                                       Un avis By Maria Lebreton.

Quelques mots sur l’autrice :

Miriam Toews, canadienne née à Steinbach, Manitoba en 1964 est une romancière et une essayiste.

Née de parents mennonites, elle a quitté à 18 ans sa ville natale pour partir vivre à Montréal et à Londres avant de s'installer à Winnipeg. Elle est diplômée en cinéma de l'Université du Manitoba et en journalisme de l'Université de King's College à Halifax.

Elle a écrit son premier roman, "Summer of My Amazing Luck" (1996), en travaillant comme pigiste et animatrice de radio. Son père, qui souffrait de psychose maniaco-dépressive grave, s'est suicidé en 1998. Dans "Jamais je ne t'oublierai" ("Swing Low: A Life", 2000), elle raconte sa vie.

Son troisième roman "Drôle de tendresse" ("A Complicated Kindness", 2004) fut sa véritable percée littéraire, passant plus d'une année sur les listes de meilleurs vendeurs canadiens et gagnant le prix du Gouverneur général pour une œuvre de fiction en langue anglaise. Il a également remporté l'édition 2006 du concours radiophonique canadien le "Combat des livres".

Miriam Toews a tenu un rôle principal dans le film "Lumière silencieuse" ("Stellet Licht", 2007), écrit et réalisé par le cinéaste mexicain, Carlos Reygadas - une expérience qui a inspiré son cinquième roman, "Irma Voth" (2011).

"Pauvres petits chagrins" ("All My Puny Sorrows", 2014) est basé sur l'histoire vraie de sa sœur Marjorie, décédée à la suite d'un suicide en 2010. Le roman a remporté le Rogers Writers' Trust Fiction Prize de 2014, et il a été nommé l'un des meilleurs livres de l'année par
Kirkus, Publisher's Weekly, The Globe and Mail, The Boston Globe, The Washington Post...

En 2018, elle publie son septième roman, "Ce qu'elles disent" ("Women Talking"), qui a figuré dans les 10 romans les plus vendus au Canada la même année.

Le syndrome de Copernic d’Henri Loevenbruck

Le syndrome de Copernic d’Henri Loevenbruck, éditions J’ai lu, décembre 2007, 507 pages, 8€.   Synopsis : Un matin d'été ordin...