dimanche 24 novembre 2019

Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine


Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine, éditions de la Martinière, août 2019, 193 pages, 18€.


Synopsis :

« Ma rue raconte l'histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s'appelle rue Léon, un nom de
bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans ».


Abad, treize ans, vit dans le quartier de Barbès, la Goutte d'Or, Paris XVIIIe. C'est l'âge des possibles : la sève coule, le coeur est plein de ronces, l'amour et le sexe torturent la tête. Pour arracher ses désirs au destin, Abad devra briser les règles. A la manière d'un Antoine Doinel, qui veut réaliser ses 400 coups à lui.

Rhapsodie des oubliés raconte sans concession le quotidien d'un quartier et l'odyssée de ses habitants. Derrière les clichés, le crack, les putes, la violence, le désir de vie, l'amour et l'enfance ne sont jamais loin.
Dans une langue explosive, influencée par le roman noir, la littérature naturaliste, le hip-hop et la soul music, Sofia Aouine nous livre un premier roman éblouissant.




= Les choix d’un enfant de treize ans et ces conséquences. =

Abad, treize ans est un émigré du Liban, sa famille est venue s’installer en France dans le quartier de Barbès, la Goutte d’Or.
A cet âge où les hormones se mettent en ébullition, où l’amour a beaucoup d’importance, Abad va devoir faire des choix qui parfois ne vont pas l’emmener vers le bon chemin qu’il pensait faire.

L’autrice va utiliser l’écriture du langage familier des rues pour raconter l’histoire de ce jeune homme en devenir.
Langage qui peut paraître au premier abord cru et il l’est, mais bien utiliser dans le contexte de l’histoire.
Ça m’a un peu perturbé au début, mais peu à peu je m’y suis habitué et j’ai compris son choix.

Elle va raconter la vie de ce jeune vivant dans un monde réduit à une rue qui est le miroir d’une époque, d’une vie où la pauvreté est mise en avant et où tout est bon pour gagner sa croûte.

‘‘Certains de nos grands frères jouaient les pères quand les hommes de la famille étaient au placard ou trop démissionnaires. La rue Léon est presque devenue notre mère, notre père à tous sans qu’on s’en aperçoive. Chez moi, le frigo est vide comme tout l’appart et les placards. Je préfère encore me goinfrer du chaos de cette pute de Léon que de crever de la dalle à attendre qu’Odette rentre aussi de l’hôpital. Elle m’a laissé ses clefs et des tonnes livres et de disques pour qu’on ait de quoi causer quand elle rentrera.’’

Cette histoire est aussi celle de belle rencontre d’un jeune avec des personnes issues de différente culture mais aussi de différents mondes qui vont lui apporter beaucoup et changer sa vision de la vie.
Je pense notamment de sa rencontre avec Ethel Futterman : psychanalyste, personnage atypique que j’ai beaucoup apprécié.

Une belle histoire, qui se lit sans tomber dans le mélo et ce malgré les obstacles de la vie.
Un roman que j’ai beaucoup apprécié, un premier roman réussi pour Sofia Aouine que je recommande à tous les amateurs de nouvelle découverte livresque.

Ma note de lectrice : 18/20.

Un avis By Maria Lebreton.


Quelques mots sur l’autrice :

Sofia Aouine de nationalité française est née en 1978.
De formation dramaturge, Sofia Aouine a suivi des études de lettres modernes.

Quand elle était enfant, son père, travailleur de nuit, s’estimant incapable d’élever seul sa fille, la confiait à l’Assistance publique en 1980. C’était une procédure de placement volontaire dont elle est sortie en 1998.

Sofia Aouine a travaillé en tant que reporter radio et documentariste pour France Culture, RFI et France Inter.
Rattrapée par la fiction, elle écrit aujourd’hui des romans et pièces de théâtre qui sont en cours de publication.

En 2019, elle publie son premier roman, "Rhapsodie des oubliés".


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